S’il y a une chose que l’être humain pourra toujours se targuer d’avoir fait, quelques soient les époques, quelques soient les géographies, quelques soient les massacres, c’est d’avoir agi sur l’autel du respect de l’Humanité.
Je ne fais confiance désormais qu’aux égoïstes, dont la fourberie n’est pas l’invitée de dernière minute.
L’engagement politique, ou plutôt le « désengagement politique » qui fait pencher le citoyen-électeur d’un bord ou d’un autre n’est plus un critère de solidarité. Les actes sont à mesurer aux discours. Tout le monde peut faire un discours, et chaque discours prononcé sur une quelconque amélioration d’une condition de vie ne vaut rien s’il n’est comparé aux actes concrets, palpables, à court-terme et définis par l’énonciateur. Que d’envolée brûlante de Justice, d’Egalité, de Solidarité, de Conscience des choses déconnectée du pré-carré que l’on a tous croisé.
La Droite et la Gauche, comme ils les appellent, sont imbriquées jusque dans leur fondation.
A Droite, ils sont de gauche entre eux, et se partagent les parts du profit, équitablement dans l’aristocratie et leurs tenants des démocraties. Ils sont unis, se réunissent, se coordonnent en Club, en Sommet, en Syndicat.
A Gauche, ils sont de droite entre eux et aussi entre nous, ne partagent pas le Pouvoir dès lors qu’ils l’ont pris, et à une échelle terre-à-terre, celle où l’on vit, ils ne vont pas renoncer à leurs maigres acquis aux vues d’un compromis plus Juste s’ils y perdent quelques conforts de vie.
Et l’envie de hurler, sans que personne ne comprenne,
Et d’être traité de fou sur le bord de leurs lèvres…
Ça je l’ai toujours su, et le réaffirme en ces lieux,
L’avenir égalitaire et libre ne se fera que par les égoïstes, car la chose fondamentale qui concerne nos choix, c’est qu’on les fait pour soi. Si on se persuade qu’on agi pour les autres, il sera facile de changer de cap par l’odeur de la tentation en se disant que ça leur profitera peut-être davantage. Si ce n’est que pour soi, le changement de cap s’il a lieu ne pourra s’offrir le luxe d’un label qualité de la cause humanité, et l’on sera ainsi uniquement face à ses choix, de ce qu’on attend.
Pour être vraiment libre, il faut que les autres le soient
Et je ne peux être libre si mon voisin n’a rien à manger, car ou se situerait sa chère liberté ?
J’agis car j’ai BESOIN de cet espace de liberté où je peux manœuvrer, où je suis acteur de ce qu’est décidé. J’agis car je ne veux pas devenir leur citoyen, cet humain empaillé qui bouffe-travaille-dort-vote-élève dans la seule espérance de la reproduction sociale.
Si ça profite à d’autres, je ne dis que « tant mieux », et si par avalanche des masses de gens égoïstes de justice, de liberté et d’égalité en viennent à déverser leurs manières de pensée, alors ici enfin je pourrai entrevoir un avenir à notre portée.
La solidarité n’est pas la charité, je lutte pour les autres ce qui peut m’arriver. Je lutte pour les autres car j’ai à y gagner. Pas en moralité ou pour nettoyer une narcissique blessure, pas en ego, ou en plateau télé, mais en matérialité, en choses concrètes qui pourrait m’arriver. En condition sine-qua-none de ma future liberté.
L’avenir qui attend paraît-il qu’on fasse son histoire,
Avec ses exutoires qu’absorbent nos mouchoirs,
Qui remplissent nos poches.
Cette morve de l’attente qui nous fait nous replier en fœtale posture pour ne pas embarquer dans la grande aventure,
Qu’importe,
On recycle nos mouchoirs,
On recycle nos espoirs,
Et on file à l’abandon tout le grand étalage de la compromission.
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